Les tirailleurs sénégalais dans la Première Guerre mondiale

En 1914, l’appel aux troupes coloniales a lieu dès l’entrée en guerre de la France. Ces soldats venus de l’Afrique Occidentale Française (AOF) et engagés dans le conflit avoisineront les 200.000 hommes. Connus pour leur engagement au combat, les tirailleurs sénégalais – qui portent ce nom car le premier régiment a été créé au Sénégal –, est un des corps militaires appartenant à l’Armée coloniale. Il a été constitué le 21 juillet 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur général de l’AOF, qui souhaitait avoir des unités de combat indigènes afin de palier à l’insuffisance des effectifs métropolitains. Pour la petite histoire, le terme « tirailleur » désigne, selon la terminologie militaire, « un combattant qui progresse en ordre dispersé en tirant à plusieurs reprises, avec insistance ».

Durant la Première guerre mondiale, l’Histoire considère les tirailleurs sénégalais comme le principal élément de la « force noire », selon l’expression du général Mangin. Le 17 septembre 1914, les premières troupes coloniales arrivent en effet en métropole, à l’origine des contingents d’unités de marche mixte (Européens et Africains) ; on y compte plus de 10.000 tirailleurs sénégalais. Ces régiments levés en Afrique noire transitent dans un premier temps par l’Afrique du Nord, avant de rejoindre le front Ouest en Europe par Marseille ou le front d’Asie Mineure, aux Dardanelles. Au dernier trimestre 1915, 30.000 nouveaux tirailleurs sénégalais renforcent les premiers effectifs ; le décret du 9 octobre 1915 a participé à cet afflux, ordonnant la mobilisation des Africains de plus de 18 ans, mais offrant surtout 200 francs aux volontaires. En 1916, 51.000 tirailleurs supplémentaires les rejoindront. La participation valeureuse des soldats sénégalais dès 1914 marque les esprits des combattants européens. Ils se mettent en valeur dès les premiers mois du conflit, à Yves et Dixmude, puis ils participent largement à la reprise du fort de Douaumont en 1916. On les retrouve en avril 1917 dans la bataille du Chemin des Dames, où 7.000 d’entre eux sont tués sur les 15.000 engagés, dont près de 2.000 les deux premiers jours de l’offensive. En 1918, ils s’illustrent de nouveau, au cœur de la bataille de Reims pour la libération et la défense de la ville ; un Monument aux héros de l’armée noire y fut d’ailleurs érigé en 1924 pour leur rendre hommage. À la sortie du conflit, l’armée coloniale française compte 89 régiments d’infanterie coloniale (RIC) constitués de tirailleurs sénégalais, dont neuf ont été décorés par la médaille militaire avec citations ou la croix de guerre 1914-1918. Présentés par la propagande allemande comme des cannibales, peu disciplinés selon nos alliés britannique mais honorés par l’Armée française et surnommés plus tard par l’académicien Léopold Sédar Senghor les « Dogues noirs de l’Empire », les tirailleurs sénégalais seront sur tous les fronts, mais en paieront le prix fort. Plus de 30.000 tirailleurs sénégalais périront en effet lors du premier conflit mondial, sur les 135.000 qui servirent en Europe – un taux de mortalité effrayant de 185 pour mille. Laurent Albaret

2 commentaires

  1. Salif Mamadou Bocar Mamoudou NDIAYE dit :

    Mon grand père Bocar Mamoudou NDIAYE du village de voudourou dans le cercle de Matam (région de Saint louis ) au Sénégal a participé à la première guerre mondiale juste vers la fin . D’après les explications que m’a données mon père , il a été mobilisé juste après sa naissance en janvier 1918 .Il était revenu saint et sauf avec ses trois autres amis avec une belle photo de souvenir que je détiens par devers de moi .j’aimerai avoir plus d’informations en ce qui concerne le régiment qu’il appartenait et combien de temps il a fait en France , l’itènére qu’il a suivi depuis le vllage de woudourou jusqu’en France et de la France jusqu’au Sénégal ( jusqu’au village de woudourou mon village natale.Mes remerciements .

    • Andreu Gaetan dit :

      Bonjour Monsieur Salif je suis actuellement à Saint-Louis pour faire des recherche sur les tirailleurs Sénégalais dans un devoir de mémoire du centenaire de cette guerre pour ma région natale qu’est le Nord Pas de Calais , serait -il possible , si cela ne vous dérange pas de bien vouloir me communiquer des information sur votre grand père M Ndiaye

      Avec tout mon respect Merci.

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