Nicolas Gouzy



Ils m’ont conseillé : « Tu dis l’essentiel »

Délivrer l’essentiel ? De quoi ? D’une vie pas finie ? Une biographie incomplète des nombreuses années que je me souhaite encore ? Et pourquoi se retourner d’ailleurs ? Tout ce qui me fait, tout ce qui me fonde, tout ce qui me fait rire et pleurer, tous ceux que j’aime, tout ce que j’aime, c’est aujourd’hui que je le vis. L’histoire, même la mienne, je la rêve et je l’écris. Mais tout se transpose, tout s’oriente vers demain. Il faudrait pouvoir écrire des uchronies (le correcteur automatique Word ne connaît pas le mot, youpi !) ou bien des oracles biographiques et se rêver vieux, à l’article de la mort. Je n’en ai pas envie. Pas encore.

Ils m’ont demandé : « D’où tu viens ?

Les mathématiques m’ont dégoûté des études supérieures scientifiques vers lesquelles, dans un premier temps, je m’étais courageusement dirigé (cela date du précambrien, à peu près hein ?) Je suis devenu un TUC (pas un biscuit, un Travailleur d’Utilité Collective) en archéologie, grattant consciencieusement au fond d’une fosse-dépotoir médiévale à la Cité de Carcassonne. Avant de plonger dans ce qui aura été mon plaisir, ma passion, mes regrets, mes emmerdes, mon stress et les raisons d’un diabète de type 2, bref mon travail… Feu le Centre d’études cathares aura accueilli 25 années de ma vie professionnelle  et j’y ai mis trop, ou pas assez, de moi pour ne pas, encore maintenant, regretter que cette association ait « fondu les plombs » en 2011 faute de financements publics. Aujourd’hui j’ai monté avec un collègue « Patrimoines d’Avenir », un cabinet d’ingénierie culturelle, et me voilà « consultant ». Je donne des consultations culturelles à des malades qui s’ignorent, avec une spécialisation dans l’history-telling, la fiction culturelle, le patrimoine raconté à tous.

Ils se sont inquiétés : « Pourquoi tu écris ? »

Ma première réponse serait : « Parce que je sais lire ». Sinon c’est un peu « la bouteille à l’encre »…et l’expression prend ici tout son sens. Un peu par désir de reconnaissance, de célébrité, un peu (trop) par habitude, un peu poussé par la famille et les amis, un peu par challenge personnel, un peu parce que je sais bien ( ?) le faire, un peu par obsession pour le mot juste, beaucoup par réaction à une époque où écrire « mherde » (avec un h) et « pappa » (avec trois p) ne gêne plus personne, Wesh ! J’ai l’œil pour le mot, les mots dans les yeux et souvent le mot pour le dire.

Ils m’ont fait avouer : « Pourquoi Wadé ? »

Sans hésitation, par amitié, pour le créateur, pour l’univers, pour le projet, pour le héros, parce qu’il est black,  parce que c’est un monstre, parce qu’il est encore humain, parce qu’on l’a trahi. Par goût du risque, par envie, parce que c’est tout sauf banal que de participer à l’invention d’un Comics « french touch ». Parce que je dois être un geek qui s’ignore, gavé par des parents inconscients et comme tous ceux de ma génération avec les sous-produits de la sous-culture entertainment américaine capitaliste et impérialiste ( ;-)), parce que régressif, adulescent…et que j’aime ça.

PS : Ah, j’oubliais, je suis également un gourmand impénitent, spécialiste à mes heures de gastronomie historique, cuisinier par amour des miens,  gastrolâtre (gourmet idolâtre ?) et j’ai mon permis voiture.


Biblio : http://www.autour-des-auteurs.net/fiches/gouzy_nicolas.html

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